Ma terre d’or et de feu

Sous le soleil matinal , l’île s’éveillait
Fille brune et blonde baillant aux chants d’oiseaux
Les fleurs joyeuses ouvraient les bras à l’aurore
Le soleil éparpillait ses baisers d’or entre les nuages
Soufflant dans l’alizé bienfaisante son opulence dorée
Nous avions alors les chants d’allégresse de l’enfance
Nos sourires silencieux n’avaient besoin de mots
Tu prenais ma main sur les sentes de fougères
Sans nous hâtés , nous allions prendre l’eau
Les sources claires jouaient au pieds de la montagne
La musique cristal glissait entre les cailloux gris
Sous les palmiers chanteurs , le bruissement des arbres
Nous plongions nos bras nus dans l’onde fraîche et claire
Ainsi filaient les heures …
Nous allions au festin de quelques baies sauvages
De goyaves , de fraises , de framboises de l’eau
Le soleil atteignait le ciel , midi brûlait les cirques
Les feuilles et les branches au sol se courbaient
Recherchant de la terre l’ombre et le réconfort
Le poids de la chaleur nous pressait à rentrer
Nous reprenions ensemble la route sans tarder
Les ramiers roucoulaient sur les banians à l’ombre
Nous regardions au loin la vieille case créole
Les champs de cannes en fleur et l’océan Indien
L’île se couchait le soir dans un lit de délices
Le crépuscule ourlait de rose les sommets
De lacis vert et bleu , de violettes fioritures
L’or brodait dans tes yeux des songes à l’encre bleu
Nous étions rois alors sans couronnes et sans traînes
Nous avions un royaume et les plus beaux trésors
Mais nous étions si jeunes pour savoir y régner
Qu’à peine quelques larmes , quelques bonheurs fugaces
Nous regardons partir nos plus belles années
L’île brille dans les cœurs comme un joyau limpide
Dans une cascade claire , un soleil roi attend
Le rire des enfants et la danse des fleurs
Que le temps a figé irrémédiablement dans l’île terre de feu